L’éducation nationale est une institution dont on a du mal à se séparer quand on y a passé l’essentiel de sa vie professionnelle. C’est ainsi que libérés des contraintes et des obligations institutionnelles, nombre de cadres retraités continuent à se pencher sur les nécessaires évolutions de notre système éducatif.

Ce fut le cas l’hiver dernier lors du colloque organisé à l’occasion de la publication d’un ouvrage collectif  « Éducation et intérêt général »* auquel l’auteur de ces lignes a modestement contribué à la rédaction du chapitre « Pour une école de la confiance ».

L’avantage de la participation à ce type de colloque est que l’on en sort le plus souvent rassuré sur l’analyse juste qui est faite de notre système éducatif et plutôt en accord avec les propositions pertinentes et novatrices qui sont avancées.

C’est après que cela se complique. Les conseilleurs ne sont pas les prescripteurs, c’est bien dommage ! Cet entre-soi est confortable, la plupart des contributeurs n’ont plus de responsabilité directe dans le pilotage de notre institution et (re)trouvent de ce fait une liberté de parole certes réjouissante mais que l’on aurait appréciée du temps où ils étaient aux affaires !

Les résultats d’une enquête commanditée par la MGEN auprès de l’institut OpinionWay ouvraient ce colloque. Sous le titre « Les français et le système éducatif », elle portait, de manière originale, sur le recueil d’une double perception, celle des usagers et celle des acteurs que sont les enseignants.

Le constat est sans appel ! La défiance règne et l’optimisme n’est pas de mise.

A titre d’exemple, quelques données significatives extraites de la présentation:

43 % des Français n’ont pas confiance dans le système éducatif.

– Pour plus de la moitié des sondés, le système ne permet pas de réduire les inégalités sociales et culturelles.

– Pour 2/3 d’entre eux, l’école ne forme pas les citoyens de demain.

– Dans les mêmes proportions, l’école n’évolue pas au rythme de la société et ne prépare pas les élèves aux enjeux actuels et futurs et ne favorise pas suffisamment la créativité et l’esprit d’entreprise .

– En lien direct avec le constat précédent, 7 sondés sur 10 estime que la formation des enseignants est inadaptée.

– De nouvelles formes d’apprentissage sont massivement réclamées.

– Les relations parents enseignants sont jugées plutôt bonnes mais prendraient un tour de plus en plus conflictuel.

Fait étonnant (et probablement inquiétant), les deux catégories de sondés – usagers et acteurs – font, dans la plupart des questions, des constats très proches.

La crise profonde du modèle français est une évidence. Tous les indicateurs de performance ou de réussite pour employer un terme moins polémique, traduisent une perte d’efficience continue et régulière depuis une quinzaine d’années. Notre système est de moins en moins adapté aux attentes des usagers et surtout aux besoins d’une population scolaire marquée par une hétérogénéité croissante.

Les solutions pour sortir de ce marasme où le mal-être des enseignants s’ajoute à une motivation défaillante des élèves sont régulièrement évoquées à travers les rapports et enquêtes qu’ils soient internes à l’institution ou produits par des organismes extérieurs. L’ouvrage cité en référence constitue à la fois un état des lieux particulièrement fouillé et un inventaire de propositions des plus sérieuses.

Nous les évoquerons dans les prochains articles.

A suivre ….

* Éducation et intérêt général. Commission scientifique «  Économie publique » du CIRIEC France Presses universitaires de Rouen et du Havre

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